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Les Rires de Samyaza

Format : 9.5 x 16.5
Nombre de pages : 274
ISBN/EAN : 978-2-37355-609-4


15 euros


Louis BANCE

Louis Bance est le gérant du Cabaret L’Eurydice, situé dans le Quartier Latin, près de la place de la Contrescarpe. On y dit de la poésie, chaque mercredi, sur une petite scène, faiblement éclairée — c’est une agora. Louis Bance a publié un précédent recueil de poèmes au Mot / Lame, maison bruxelloise qui se décrit comme un laboratoire. À 24 ans, l’auteur, fut reçu au grade de master, en recherche, mention littérature, philologie, linguistique, sous la direction d’André Guyaux, en Sorbonne. Il dédia sa vie aux lettres ; et écrivant de la poésie depuis l’âge de 15 ans, Louis Bance, afin d’être résolument moderne, ne voulut pas écrire de vers-libres, puisque l’on écrit des vers-libres depuis 1884 avec Marie Krysinska ; et qu’Alcools fut publié en 1913. Ce qui est prodigieux avec cet auteur, c’est qu’il s’employa à lire furieusement Banville pour maîtriser le vers régulier. Chez lui, tout est respecté : césure, hémistiche, consonne d’appui, alternance des rimes féminines / masculines, singulier / pluriel, e muet — son vers est parnassien. Plusieurs fleurs sont dans son bouquet : hexamètres, octosyllabes, décasyllabes, heptasyllabes, indécasyllabes et surtout alexandrins. Il mélange modernité et vers régulier pour le plus bel effet :

On trempa des manchons de poulet dans du miel
Pleins des Apfelstrudel au beurre et aux pistaches.
Et les grooms s’étonnaient qu’on fût si sale au ciel :
— Les rubans, les frous-frous eurent cent mille taches.

ou

Je me pressais. L’horloge indiquait six’o’clock.
Je vis donc un Renan qui parlait de ma vie
Entre un Anacréon et un vieux Paul de Kock
Qui datait des débuts de la Yougoslavie.

C’est une leçon de poésie que nous propose Louis Bance, des vers stoïciens, calvinistes, magridaux, élégies et épithalames. Ayant fait plusieurs fois le tour du monde, le poète nous fait le récit, en vers, de quelques-uns de ses voyages, dans des poèmes créoles, à Cuba, à la Réunion, en Israël où il prie, en Suisse où il boit, en Martinique où sa grand-mère est née, en Guyane où son père est né : il aime la Caraïbe. Certains poèmes se font plus modernes, influencé par Patrice de la Tour du Pin, et le vers se relâche, se modernise, abolit certaines contraintes :

Au Luxembourg, mille oiseaux de passage
Volaient parmi les flocons de l’hiver,
Troupeau d’azur, entends-tu mon message :
Je veux cacher ta beauté dans mes vers.
Ces anges si jolis se sentaient libres
Je crois, car ils cherchaient des paradis
Plus loin, plus beaux, c’est ce que Dieu m’a dit
Quand ils étaient là-haut, en équilibre.

« Mes vers sont mon journal » écrit-il. Alors la première moitié du recueil est en vers. La seconde partie est en prose, une prédication, une étude sur les poètes parnassiens et un texte, plus sinistre, plus terrible, parlant de ses années d’addiction, trop admirateur peut-être de l’époque fin-de-siècle où les morphinomanes étaient légion. C’est un recueil sincère, honnête, intègre, comme l’aveu toujours d’aimer farouchement la langue française, la littérature française et de la servir. Nous terminerons en citant un quatrain tiré du poème Nunc est bibendum placé en liminaire dans le menu du Cabaret L’Eurydice, qu’il récite parfois. Car Louis Bance pratique aussi l’humour, et le second degré :

Quand tu voudrais un jour te jeter dans la Seine
Car Hidalgo t’oblige à te rendre en tramway
Du Pont de la Tournelle à ta banlieue obscène,
Quand tu ne dis plus « oui », quand tu réponds « ouais »



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